Dans les migrations il y a ceux qui restent, ceux qui partent et puis ceux qui naissent …
LA PLACE DES MIGRANTS DANS LE DEVELOPPEMENT

A deux reprises, nous avons eu l’occasion d’aborder ensemble à Aubervilliers la place tenue par les migrants dans le développement. Les questions sont peut-être encore plus nombreuses maintenant, nous prolongerons donc sûrement les rencontres afin d’approfondir encore la réflexion. En attendant, n’hésitez pas à consulter ci-dessous le compte-rendu des précédentes rencontres et à nous faire part de vos suggestions pour la prochaine fois !
LES ATELIERS DU 16 FEVRIER 2008
Au cours d’une première partie, nous nous sommes penchés sur les politiques publiques de co-développement et les pratiques des migrants dans ce domaine. Ensuite, nous avons abordé la question de l’engagement des jeunes de la seconde génération immigrée dans le pays d’origine de leurs parents.
Pour l’atelier
Les politiques publiques de co-développement et la place des migrants,
les intervenants étaient :
Patrick Gonin, géographe, laboratoire Migrinter, Université de Poitiers, membre de l’équipe scientifique du programme de recherche PUCA « Une citoyenneté aux multiples visages territoriaux ».
Malik DIOP, président de l’association Initiatives Economiques des Migrants (IEM http://collectif-passerelle.nuxit.n...).
Silamakan Traoré, secrétaire général de Africa Debout Unie en Marche (ADUM) et Souleymane Dissa de Banakro-Agriculture au Mali
Pour l’atelier
Les jeunes : le développement en « héritage » ?,
les intervenants étaient :
Jaballah Nebil et Leila Tlili, lycéens, membres de l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT http://www.utit.net/).
« Les peupliers à palabres » de l’INJEP : témoignages de Margarita Morales du GERFAC, coordinatrice et Robert Fopa, responsable associatif et éducateur, de l’Association internationale culture sans frontières et deux jeunes colombiens.
Hugues Latron, directeur de Via le monde http://www.vialemonde93.net/ (Conseil général du 93).
LE COLLOQUE DU 23 NOVEMBRE 2007
En novembre dernier, dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale, nous avons commencé un inventaire des attitudes de différentes diasporas migrantes par rapport aux pays d’origine, les Chinois, les Cap Verdiens, les Turcs, les Maliens. Nous avons aussi observé comment est née l’idée de co-développement, dans le monde des ONGs. Nous avons entendu quelques remarques et interrogations sur les politiques actuelles de « maîtrise de l’immigration », liée à une utilisation inattendue du mot co-développement.
Les intervenants étaient :
Olivier Le Masson, coordinateur des programmes Double Espace au GRDR (Groupe de recherches et de réalisations pour le Développement Rural)
Albano Cordeiro, économiste-sociologue, CNRS
www.afsp.msh-paris.fr et www.cnrs.fr
Nathalie Kotlok, géographe des migrations, Migrinter, Université de Poitiers
Samba Diawara, fondateur et vice-président du RAME (Rassemblement des associations des Mauritaniens en Europe) et Président de la Fédération des associations de Guidimakha.
Catherine Choquet, économiste, universitaire, ancien membre du Haut conseil à la coopération internationale (HCCI) en représentation de la LDH
Soumaré Diadié, président du Haut Conseil des Maliens en France
Pinar Hükum, psychologue, co-fondatrice de ELELE - Migrations et Cultures de Turquie
Des associations locales du champs de la solidarité et de la coopération internationale.
Le film "Les sentiers chinois de la réussite" du réalisateur Olivier Horn, tourné en partie à Aubervilliers.
Le résumé des interventions :

- Ecouter son intervention
Carlos Semedo, responsable du service de la vie associative et des relations internationales d’Aubervilliers, nous donne une présentation générale du colloque.

- Ecouter son intervention
Olivier Le Masson du GDR a fait le tour des nombreuses définitions accolées au terme de co-développement et nous a montré à quel point elles pouvaient différer les unes des autres. Ainsi en est-il des visions sur le co-développement entre le GRDR et l’actuel ministère de l’immigration et du co-développement. Il insiste également sur la nécessité de prendre en compte la double appartenance citoyenne des migrants.

- Ecouter son intervention
Soumaré Diadé, président du Haut Conseil des Maliens et membre du GRDR, nous renseigne sur les spécificités des modes et des stratégies d’immigration en Mauritanie, au Mali et au Sénégal. Il insiste sur l’intérêt initial des migrants pour l’amélioration des conditions de vie des locaux, une préoccupation qui les a conduit à s’investir progressivement, et non sans difficultés, dans la vie politique de leur pays d’origine. Enfin, Soumaré Diadé souligne le manque de reconnaissance des pays d’origine envers les migrants en ce en dépit d’une influence significative et essentielle dans le développement.

- Ecouter son intervention
Samba Diawara, président des associations de Guidamakha et membre du Rassemblement des Associations des Mauritaniens en Europe, s’attache aux obstacles rencontrés par les migrants pour œuvrer au développement de leur pays d’origine, qu’il s’agisse du Sénégal, du Mali ou de la Mauritanie. Se pose la question du droit de vote aux élections locales là-bas et celle des discriminations ici. La « citoyenneté du double espace » reste encore à construire.

- Ecouter son intervention
Nathalie Kotlok, géographe et maître de conférence à l’Université de Poitiers, nous démontre l’influence profonde de la diaspora sur la population restée dans les îles du Cap-Vert, tant au niveau économique que mental, culturel et politique. L’investissement des pouvoirs publics capverdiens permet d’optimiser les bénéfices pour la population locale au point que des aides au départ sont mises en place tandis que les relations avec les migrants s’institutionnalisent de plus en plus. Cependant, beaucoup de chemin reste à faire avant que ne soit reconnue « la dignité de circulant dans l’espace migratoire ».

- Ecouter son intervention
Pinar Huküm d’ELELE - Migrations et cultures de Turquie, souligne le dynamisme de la communauté turque expatriée en Europe et les liens étroits qu’elle continue d’entretenir avec la Turquie. Les jeunes immigrés turques continuent également de parler la langue de leurs parents et envisagent couramment leur avenir en Turquie.

- Ecouter leur intervention
Lucien Marest, adjoint au maire en charge des relations internationales, remarque que la valorisation des populations migrantes est une question de survie et d’avenir tandis que Carlos Semedo, responsable de la vie associative et des relations internationales, souligne le fait que chaque pays produit sa propre histoire de migration.

- Ecouter son intervention
Albano Cordeiro, économiste-sociologue au CNRS, affirme les intentions profondément inégalitaires de l’Aide Publique au Développement ainsi que des politiques de co-développement et remarque le lien entre les migrations et le remboursement de la dette des pays pauvres. Comparativement, les remises d’argent semblent être plus utiles aux populations que les diverses aides internationales, celles-ci ne bénéficiant le plus souvent qu’aux élites et aux pays donateurs eux-mêmes. Albano Cordeiro nous donne ensuite en exemple l’Espagne qui a réussi à tirer parti du potentiel de sa communauté migrante.

- Ecouter leur intervention
Catherine Choquet, qui a représenté pendant plusieurs années la Ligue des Droits de l’Homme au HCCI, dénonce le fait que la politique française de co-développement se confond trop souvent avec celle de la maîtrise des flux migratoires.
Elle déconstruit ensuite deux clichés : celui en rapport avec l’invasion de l’Europe par les migrants ainsi que l’image de l’immigré pauvre et inculte. Enfin, en ne signant pas la convention internationale des droits des travailleurs immigrés étrangers, la France leur dénie une humanité élémentaire et les relègue au statut de « citoyen de seconde zone ».

- Ecouter leurs interventions
Réactions aux interventions et perspectives pour le prochain colloque
Patrick Gonin du Laboratoire Migrinter de l’Université de Poitiers revient sur la jonction progressive entre les politiques sur les migrants et sur le développement. Il nous propose d’aborder la prochaine fois le thème de la citoyenneté active des migrants et les questions se rapportant au ministère de Brice Hortefeux, aux expulsions et au phénomène d’externalisation des camps.
Diana Drajic de "Cultures, Arts, Sociétés", évoque le sujet des banques associatives.
Arbend de Name Diffusion lui répond et nous présente le travail de son association au niveau de l’interculturalité.
Maryline Théophile nous propose la création d’ateliers thématiques sur les sujets abordés.
Antoine Avignon du Forum Social d’Aubervilliers se demande quel est la place du migrant en tant que concepteur actif du développement.
Myriam de Courteille de la direction départementale de la jeunesse et des sports de Seine-Saint-Denis, Fofana Doulo et Soumaré Diadé évoquent la question de la relève des jeunes dans le secteur associatif.
Jean-Loup Oger du Conseil de développement de la Plaine Commune nous propose sa vision des interactions entre les migrants, les pays de résidence et d’accueil.
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