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Veolia, nouvel acteur dans la ville

publié le 1er février 2017 (modifié le 21 février 2017)

On connaissait Veolia Environnement par ses camions qui sillonnent la ville pour récupérer les ordures ménagères. Par l’eau potable qu’elle achemine jusqu’aux immeubles. Désormais, cette puissante multinationale des services collectifs s’ancre d’une autre façon à la ville.
A la porte d’Aubervilliers, face au Millénaire, son nouveau siège a été inauguré le 23 janvier. Antoine Frérot, le PDG, et près de 2 000 cadres pilotent aujourd’hui le groupe depuis ce bâtiment de verre tout neuf, le « V » comme ils aiment à le désigner.

« Bienvenue à Aubervilliers »

« Bienvenue à Aubervilliers », a déclaré Mériem Derkaoui, la maire, lors de la cérémonie qui a rassemblé les dirigeants du groupe et les responsables politiques du
territoire. Notant aussi que « la mairie n’est plus le premier employeur de la ville
en nombre de salariés. C’est désormais Veolia
 ».
A la nuance près que les salariés du groupe résident un peu partout en Ile-de-France… Il n’empêche, il multiplie les mains tendues vers les Albertivillariens et le territoire de Plaine Commune. « Nous voulons nous inscrire dans un fonctionnement citoyen », a insisté Antoine Frérot.
Déjà, pendant le chantier, « les contrats d’insertion signés ont largement dépassé
les objectifs pour atteindre 90 000 heure
s », selon Patrick Braouezec, président de
Plaine Commune.
Et aujourd’hui ? « Nous recourons tant que possible à des entreprises locales pour nos achats de prestations de service, affirme le PDG, et soutenons des initiatives solidaires via, notamment, la Fondation Veolia ».

S’insérer dans le tissu urbain

Volonté affichée : le bâtiment sera davantage qu’un bloc de verre et béton. Bien plus que ce symbole, fort, d’un puissant du CAC 40 au coeur d’un quartier en complète mutation, avec ses bureaux, le Millénaire ouvert en 2011, des berges réaménagées, la station de RER Rosa Parks ou encore le métro au Front populaire.
« Ce siège n’est pas qu’un lieu emblématique ni un geste architectural », insiste,
de son côté, l’architecte Dietmar Feichtinger.
Ces 45 000 mètres carrés, entre la rue Madeleine Vionnet face à la darse et l’avenue
Victor Hugo et ses grossistes, « doivent s’insérer dans le tissu urbain en essor,
mais en plus y contribuer
 ».
En forme d’arc, le bâtiment s’ouvre en transparence, inclinaison et verdure sur la darse, et se dresse en verticalité et densité des autres côtés.
« Les développements ultérieurs du quartier pourront s’y appuyer  », poursuit-il.
Ces nouveaux bureaux, c’est aussi une importante présence humaine.
Mais pas toujours rassurée. « C’est très peu animé à partir d’une certaine heure le soir, et plusieurs collègues se sont fait agresser en rejoignant les transports », relate une salariée.
Commissaire et responsables municipaux sont venus à la rencontre des équipes,
pour « rassurer », se souvient une autre. Pourtant, si le bâtiment est équipé de sa
brasserie, d’un boulanger, d’une conciergerie et bientôt de sa propre salle de sport,
certains profitent de la pause déjeuner pour s’aérer. Le quartier autour, le centre commercial, les berges ? « Ça change de l’avenue Kléber, mais ça a ses avantages aussi. Très agréable », estime une nouvelle arrivée. Les courses en un saut de puce, une pause chez le coiffeur… c’est possible. Une salariée lance, enjouée : « J’ai poussé récemment jusqu’au centre-ville pour aller à la piscine. Et j’attends les beaux jours pour un footing sur les quais ! »

Naï Asmar